Questions fréquemment posées sur l'hypnose et la thérapie

Q. Qu'est-ce que l'hypnose ?

R. On a l'habitude de dire que l'hypnose est un " état de conscience modifiée ", c'est à dire un état différent de l'état de veille habituel ainsi que du sommeil. Le problème, il faut bien le reconnaître, c'est que cette expression " état de conscien ce modifiée " n'est pas très claire et ne nous apprend pas grand chose. La seule chose qu'elle nous indique, finalement, c'est qu'en hypnose on vit les choses autrement qu'à l'état de veille (et autrement que pendant le sommeil).

Q. L'hypnose est-elle un sommeil ?

R. Non. Il est vrai que le Britannique James Braid a forgé, au 19ème siècle, mot " hypnose " à partir de Hypnos, le dieu grec du sommeil, vrai aussi qu'on a longtemps parlé de " sommeil artificiel " ou de " sommeil lucide " ou encore de " somnambulisme provoqué " ; on a d'ailleurs souvent utilisé des formules comme " Vous vous endormez de plus en plus profondément ", " Vous entrez dans un profond sommeil hypnotique ". Mais cependant l'hypnose n'est pas un sommeil, et le tracé électro-encéphalographique du sommeil ne ressemble pas du tout à celui d'une personne en hypnose. Ce qui a amené à parler de sommeil, c'est notamment le fait qu'une personne en hypnose est souvent immobile, les yeux fermés, comme si elle était en train de dormir (mais c'est loin d'être toujours le cas). Par ailleurs elle semble fréquemment être devenue inconsciente de ce qui l'entoure, comme c'est le cas pour la personne qui dort. Enfin, il arrive souvent que la personne qui sort d'hypnose a l'impression d'avoir dormi, ou d'avoir été entre veille et sommeil, mais ce n'est pas toujours le cas.

Q. On dit parfois qu'on passe par des états d'hypnose spontanés, dans la vie ordinaire.

R. En effet, quand on est " dans la lune ", par exemple, on vit une expérience qui a des ressemblances avec ce qui se passe en hypnose : on est moins attentif à l'environnement, davantage absorbé dans son monde intérieur (souvenirs, fantasmes…), on ne voit pas le temps passé, et ce sont des moments où l'on est souvent relativement immobile, comme en hypnose. Il s'agit donc d'une sorte d'autohypnose spontanée, probablement utile pour nous " nettoyer les neurones ". Mais en hypnose, il y a quelque chose de plus qu'en autohypnose : la relation avec l'hypnotiste.

Q. Tout le monde est-il hypnotisable ?

R. La toute grande majorité des gens est hypnotisable à un degré ou à un autre. Mais il est vrai que comme pour tout, il y a des gens plus doués que d'autres. Pour certaines personnes, seul un état très léger d'hypnose sera possible. Cela étant, il est souvent possible d'aller plus loin après quelques séances que lors de la première, notamment parce que la première fois, on peut être un peu anxieux, curieux de ce qui va se passer, et qu'ainsi, on se laisse moins aller à l'expérience.

Q. On parle d'hypnose éricksonienne : quelles différences y a-t-il entre l'hypnose éricksonienne et l'hypnose classique ?

R. Milton H. Erickson est un psychologue et psychiatre qui a vécu aux Etats-Unis de 1901 à 1980. Il a profondément renouvelé l'hypnose, notamment en inventant des nouvelles façons indirectes, permissives, non-autoritaires de la susciter. Il a également mis au point de nouvelles méthodes de thérapie brève, dans lesquelles ce ne sont plus tellement l'origine et les causes des problèmes qui importent, mais l'activation de toutes les ressources permettant leur solution. Actuellement presque tous les hypnothérapeutes sont influencés à un degré ou à un autre par Erickson. Mais seul Erickson lui-même faisait de l'hypnose éricksonienne !



Q. Qu'est-ce que la thérapie brève ?

R. L'expression "thérapie brève" est utilisée dans différents courants thérapeutiques, même dans des courants d'inspiration psychanalytique (D. Malan, E. Gilliéron...). Elle est toutefois de plus en plus utilisée pour désigner une approche inspirée notamment par Milton Erickson et par l'École de Palo Alto (Weakland, Watzlawick, Fisch...) qui considère que le changement thérapeutique peut aller relativement vite (parfois deux ou trois séances, plus souvent dix ou vingt). On appelle parfois aussi ces thérapies des "thérapies stratégiques" (J. Haley, des "thérapies paradoxales" ou "provocatives" (Farrrelly), des "thérapies orientées vers la solution" (S. DeShazer, W. O'Hanlon) ou encore des "thérapies narratives" (M. White, D. Epston). Il y a des nuances, parfois importantes entre toutes ces approches thérapeutiques, mais elles font partie de la même famille des thérapies brèves orientées vers le présent et le futur, bien plus que vers le passé. En effet, elles ont en commun de considérer qu'il n'est le plus souvent pas nécessaire d'aller longuement chercher des causes inconscientes (d'hypothétiques événements anciens plus ou moins traumatiques ou encore les supposés complexes freudiens)pour résoudre durablement des difficultés de vie. Bien d'autres moyens sont généralement plus utiles. Les thérapies brèves peuvent être pratiquée avec l'aide de l'hypnose ou sans, mais même quand elles sont pratiquées sans hypnose, elles sont néanmoins apparentées à celle-ci notamment en pratiquant (comme en hypnose) une communication qui favorise le changement.

Q. N'est-ce pas une erreur de vouloir aller trop vite, en thérapie ?

R. Si, c'est une grosse erreur. Faire de la thérapie brève ne veut surtout pas dire essayer d'aller le plus vite possible. Aller le plus vite possible serait sûrement un des meilleurs moyens de rendre la thérapie inefficace. Thérapie brève ne veut pas dire thérapeute pressé. Cela veut simplement dire : savoir que ça peut aller relativement vite et avoir une bonne connaissance (théorique et pratique) des moyens qui peuvent favoriser ce processus.

Q. J'ai entendu dire que la thérapie brève était une approche purement comportementale. Qu'en pensez-vous ?

R. Le mot "comportemental" fait en général référence au courant des "thérapies comportementales", influencé à l'origine, par les travaux de Pavlov et Skinner sur les réflexes conditionnés. Ce courant behavioriste, hostile à la psychanalyse et soucieux de la plus grande objectivité possible,refusait, au début, de prendre en considération tout ce qui se passe "dans la tête" et n'est donc pas directement observable. Seul le comportement extérieur étant observable, il se consacra donc aux modifications de celui-ci par des techniques de conditionnement et de déconditionnement (Wolpe et d'autres). Depuis lors, le courant des thérapies comportementales a beaucoup évolué et s'intéresse aussi aux aspects cognitifs, affectifs et émotionnels. On parle actuellement de "thérapies cognitivo-comportementales" (Beck, Lazarus, Ellis...). La thérapie brève et l'hypnose d'inspiration éricksonienne n'appartiennent pas à ce courant, mais elle lui reconnaissent d'avoir créé des techniques thérapeutiques utiles. Par ailleurs, que peut bien vouloir dire un changement "purement comportemental" ? Il ne faut pas prendre la distinction entre "vécu" et "acte" trop au pied de la lettre. En modifiant ses actes on finit aussi par modifier son vécu, et inversement. C'est pourquoi dans une thérapie brève avec ou sans hypnose on travaillera non seulement sur le sens, les significations données aux événements, les vécus, les sentiments, les émotions, mais aussi sur les actes, les comportements. Le thérapeute proposera donc souvent des exercices thérapeutiques. .

Q. Qu'est-ce que l'"hypno-analyse" ?

R. On appelle parfois "hypno-analyse" une manière d'utiliser l'hypnose en fonction de l'optique psychanalytique. Il ne faut pas oublier que l'hypnose peut se combiner avec à peut près n'importe quelle approche thérapeutique. Elle peut donc aussi se combiner avec une forme remaniée de psychanalyse inspirée notamment par un des disciples directs de Freud, Sandor Ferenczi. La manière dont est pratiquée l'hypnoanalyse peut être extrêmement variable : les uns l'utilisent pour favoriser l'association libre dans une perspective freudienne, d'autres pour rechercher des souvenirs traumatiques refoulés (avec tous les dérapages que cela peut entraîner), d'autres dans une perspective influencée par Jung, d'autres encore par Janet... On peut difficilement parler d'un courant homogène. Dans l'ensemble l'hypnoanalyse est plus focalisée sur le passé que sur le présent et le futur, mais un bon hypnothérapeute, même s'il est d'inspiration éricksonienne, connaîtra aussi les techniques dites d'hypnoanalyse pour les utiliser au besoin.

Q. Qu'est-ce que la "nouvelle" hypnose ? Y a-t-il une différence avec l'hypnose ?

R. L'expression "nouvelle hypnose" provient du titre d'un livre de l'hypnotiste Daniel Araoz qui a été influencé par Milton Erickson et également par la Gestalt thérapie de Fritz perls. Elle a été reprise en France par Jean Godin (qui a été l'un de mes formateurs à l'Institut Milton Erickson de Paris) comme titre d'un de ses livres. Elle a ensuite été reprise par d'autres simplement pour mettre l'accent sur le fait que, de nos jours, on ne pratique plus comme au siècle passé. Cette appellation a l'inconvénient d'être trompeuse. Elle laisse entendre qu'il existerait une seule et unique "nouvelle hypnose" à laquelle tout le monde souscrirait. En réalité, dans l'hypnose contemporaine, il y a de nombreuses sensibilités, de nombreuses tendances, même si l'influence d'Erickson y est souvent très présente. Cette expression, tout comme celle de "nouvelle philosophie", de "nouvelle cuisine", de "beaujolais nouveau" ou de "Nouvel Ariel qui lave plus blanc que blanc" sacrifie également un peu trop à des effets de mode ou de marketing. L'hypnose (comme la philosophie ou la cuisine, d'ailleurs), est toujours elle-même : simplement elle évolue, s'adapte aux conditions de son temps et elle se combine aux sensibilités théoriques et pratiques des différents thérapeutes. On ne pratiquait d'ailleurs pas du tout en 1900 comme en 1800. En ce sens elle est évidemment toujours nouvelle.

Q. L'hypnose est-elle dangereuse ?

R. En principe, non, si elle est pratiquée par quelqu'un qui est correctement formé. Indépendamment de formations en hypnothérapie, le praticien doit être correctement formé dans le domaine ou il travaille : par exemple il doit de préférence être psychologue ou psychiatre pour aborder des difficultés psychologiques, être dentiste pour utiliser l'hypnose en dentisterie, être anesthésiste pour permettre une intervention chirurgicale sous hypnose, etc. Il faut reconnaître cependant qu'assez fréquemment des personnes qui ne sont pas psychologues ou psychiatres au départ (mais par exemple assistant social ou conseiller conjugal) peuvent devenir de fort bons hypnothérapeutes. Il n'y a pas que les diplômes qui comptent, les qualités personnelles comptent au moins autant. En règle générale, si l'on ne connaît pas particulièrement l'hypnothérapeute (ou celui qui se prétend tel), s'il n'a pas été recommandé par un Institut sérieux, on aura intérêt à lui demander quels sont ses diplômes de base et où il a effectué ses ses formations. Cela est d'ailleurs vrai non seulemnt pour l'hypnothérapie mais pour toutes les formes de psychothérapies : c'est un champ dans lequel beaucoup d'amateurs insuffisamment formés pullulent.
On peut obtenir des listes de thérapeutes dans la plupart des Instituts dont la référence se trouve à la page des liens.

Q. A quoi peut servir l'hypnose ?

R. L'hypnose a plusieurs applications : 1. Elle peut servir en psychothérapie, en général en combinaison avec d'autres techniques, pour aider à résoudre des problèmes tels que l'anxiété, la dépression, les phobies, les troubles alimentaires (anorexie, boulimie…), les troubles de la sexualité (frigidité, manque de libido, impuissance, éjaculation précoce…), les troubles du sommeil, les problèmes liés à des stress post-traumatiques, les troubles psychosomatiques (migraines, certains problèmes dermatologiques, respiratoires, digestifs…), le manque de confiance en soi, les problèmes liés au stress, etc. 2. Elle peut servir en médecine pour diminuer la douleur, par exemple en dentisterie, ou lors d'interventions chirurgicales.

Q. Est-ce qu'en hypnose on peut récupérer des souvenirs oubliés ?

R. L'hypnose peut effectivement aider à se souvenir de choses que l'on a oublié, mais dans une mesure limitée. On n'a malheureusement jamais de garanties absolues que les souvenirs récupérés en hypnose soient authentiques. Il y a fréquemment des faux souvenirs, c'est-à-dire des représentations qui se présentent comme des souvenirs, mais qui sont en fait largement le produit de l'imagination. L'hypnose n'est pas un sérum de vérité . (voir l'article en ligne " Témoignages sous hypnose : prudence ! " )

Q. Comment l'hypnose peut-elle aider résoudre des difficultés psychologiques ?

R. De plusieurs façons mais sans doute principalement en aidant à remanier l'imaginaire dans un sens qui aide. Pour comprendre cela, il faut avoir à l'esprit que ce ne sont pas les choses, les événements qui nous touchent, nous affectent, nous font souffrir, mais dans une large mesure l'image que l'on s'en fait, le sens qu'on leur donne. On peut voir la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide, mais quand on a soif, il est plus déprimant de la voir à moitié vide ! En hypnose, on est plus à même de remanier l'imaginaire dans un sens qui rend la vie plus facile. En outre, on peut dire qu'apprendre à entrer en hypnose, c'est aussi apprendre à entrer dans un mode de relation différent avec soi-même : un mode de relation à soi dans lequel on n'utilise plus la " volonté " pour se " dominer ", se " maîtriser ", se " cravacher ", mais dans lequel on apprend, plutôt à coopérer avec soi d'une manière qui permet un meilleur usage des ressources dont on dispose.

Q. Comment se passe une séance d'hypnothérapie ?

R. S'il s'agit d'hypnothérapie pour des problèmes psychologiques (ou psychosomatiques), on ne se contentera en général pas de l'hypnose : on utilisera une combinaison d'hypnose (plus ou moins souvent, selon les cas) et d'autres techniques de thérapie. Il est assez rare que l'on fasse de l'hypnose systématiquement à toutes les séances, le plus souvent, il y aura de l'hypnose lors de certaines séances seulement, tout simplement parce qu'il peut y avoir des choses plus utiles à faire lors de ces séances là. Mais les habitudes peuvent varier d'un thérapeute à un autre. Mais très rares sont ceux qui feront exclusivement de l'hypnose, et cela, encore une fois, parce qu'il y a généralement d'autres choses utiles à faire. Le mot " hypnothérapie " n'est donc pas idéal : il laisse en effet croire - à tort - qu'il existerait des thérapies basées exclusivement sur l'hypnose.

Q. L'hypnose permet-elle d'arrêter de fumer ?

R. Elle peut fournir une aide, parfois importante, pour l'arrêt du tabac : mais elle n'est pas une méthode " miracle " pour autant, et elle ne peut être opérante, en général, que si la personne est suffisamment motivée pour arrêter

Q. Pourquoi Freud a-t-il abandonné l'hypnose ?

R. Il y aurait énormément à dire à ce sujet. En quelques mots, disons que Freud a commencé à pratiquer la méhode hypnothérapeutique de Hippolyte Bernheim : induction autoirtaire ("Dormez, je le veux !") et suggestion autoritaire de disparition du symptôme. Il n'a pas obtenu de réusltats enthousiasmants et quand ça marchait quand même, cela l'énervait parce qu'il ne comprenait pas pourquoi. Il a ensuite essayé d'interroger sous hypnose ses patients pour qu'ils lui racontent l'origine de leur symptôme. C'est ce qu'il a appelé méthode cathartique ou méthode d'abréaction . Les résultats étaient plutôt bons, à ce qu'il en dit, mais le problème était qu'il n'arrivait pas à hypnotiser tout le monde. En réalité il a ainsi favorisé involontairement quantité de faux souvenirs d'abus sexuels et d'incestes qui ont sans doute plus fait de tort que de bien à ses patients, et quand cela leur faisait plutôt du bien, il continuait à ne pas comprendre le rôle exact de l'hypnose dans tout cela. Il a donc décidé d'abandonner l'hypnose au profit de la méthode d'association libre, censée être plus efficace. Ce faisant,il a jeté le bébé avec l'eau du bain et s'est privé d'un outil qui continue à démontrer aujourd'hui son utilité. Cette utilité apparaît d'autant plus que les cures psychanalytiques sont devenues, au fil du temps de plus en plus longues, parfois plus de cinq ou six ans. (Pas étonnant qu'au bout d'autant de temps des patients finissent par aller mieux : mais dans ce cas, à quoi est-ce dû ?)

 

Pour davantage d'informations sur l'hypnose et la thérapie brève, ou pour d'autres points de vue, vous pouvez consulter les articles en lignes et les livres mentionnés à la Page des Publications ainsi que les sites figurant à la Page des Liens : nombreux sont ceux qui contiennent d'autres informations utiles sur le sujet.

 

 

Aller en haut